La Plateforme des Promoteurs et Acteurs pour le Développement des Médias au Bénin (PADeM-Bénin) monte au créneau après les mesures annoncées par l’administration du Groupe ITV International à l’encontre du journaliste Dônklam Abalo et le licenciement de sa consœur Carole Olaye. Dans un communiqué rendu public ce 11 août 2026, l’organisation professionnelle dénonce une communication qu’elle juge préjudiciable à l’image des journalistes concernés et appelle au règlement de tout différend dans le respect des procédures légales.
La tension monte dans le paysage médiatique béninois. La décision de l’administration du Groupe ITV International, qui exploite notamment Eden TV, ITV et Diaspora FM, de prendre des mesures à l’encontre du journaliste Dônklam Abalo et de mettre fin aux fonctions de Carole Olaye suscite la réaction de la PADeM-Bénin.
Dans un communiqué de presse rendu public ce mardi 11 août 2026, la plateforme exprime sa « vive protestation » contre ce qu’elle considère comme une manière inappropriée de gérer la situation. Elle dénonce notamment ce qu’elle qualifie de « cabale médiatique » visant Dônklam Abalo et regrette les conditions dans lesquelles Carole Olaye aurait été licenciée.
Une communication jugée préjudiciable
À l’origine de la réaction de la PADeM-Bénin se trouve un communiqué diffusé par le Groupe ITV International en bande défilante, annonçant des mesures concernant les deux professionnels des médias.
Pour la plateforme, cette communication constitue une démarche « maladroite » dans le traitement d’une situation qui relève avant tout des relations professionnelles entre un employeur et ses collaborateurs.
La PADeM-Bénin s’inquiète surtout de ce qu’elle présente comme des « relents perfides » dans les éléments communiqués au sujet de Dônklam Abalo. Selon l’organisation, certaines formulations seraient susceptibles de porter atteinte à la réputation et à l’image professionnelle du journaliste.
La plateforme estime ainsi que les éventuels différends opposant un média à l’un de ses collaborateurs devraient être traités par les voies appropriées, sans exposer publiquement les personnes concernées à des accusations ou à des présentations susceptibles de nuire à leur réputation.
Le licenciement de Carole Olaye également contesté
La situation de Carole Olaye préoccupe également la PADeM-Bénin.
L’organisation dit regretter les conditions dans lesquelles la journaliste aurait été licenciée par l’administration du Groupe ITV International. Elle rappelle, dans son communiqué, la contribution de la professionnelle au développement et à l’audience des médias du groupe.
Au-delà du cas individuel de la journaliste, la PADeM-Bénin entend ainsi poser la question plus générale des conditions de travail et de la protection des professionnels des médias au sein des entreprises de presse.
Cette position s’inscrit dans les prises de position antérieures de la plateforme sur les difficultés économiques et sociales qui affectent les travailleurs des médias au Bénin. En mai 2026, l’organisation avait notamment dénoncé le licenciement de 169 agents de la SRTB, qu’elle avait qualifié d’« abusif ».
La PADeM-Bénin invoque le cadre légal
Pour la plateforme, un conflit professionnel ne saurait être réglé par une exposition médiatique des personnes concernées. Elle rappelle que les relations de travail sont encadrées par la législation en vigueur et que les différends doivent être soumis aux mécanismes prévus à cet effet.
La PADeM-Bénin considère dès lors que la démarche dénoncée dans son communiqué traduit une volonté de « nuire » aux professionnels concernés et constitue, selon elle, un mépris du cadre juridique applicable aux relations de travail.
L’organisation demande aux responsables du Groupe ITV International de mettre fin à ce qu’elle qualifie de « cabale » contre Dônklam Abalo et de privilégier les procédures légales pour le règlement de tout différend avec leurs collaborateurs.
Un appel à la solidarité entre professionnels des médias
Au-delà de cette affaire, la PADeM-Bénin lance un appel à l’ensemble des professionnels du secteur.
La plateforme invite les journalistes et autres acteurs des médias à faire preuve de solidarité et à préserver la confraternité, particulièrement lorsque des différends opposent des professionnels au sein d’une même corporation.
Elle se réfère notamment à l’article 17 du Code de déontologie et d’éthique des médias au Bénin, qui consacre le principe de confraternité et proscrit l’utilisation des médias comme instruments de règlement de comptes entre journalistes.
Pour la PADeM-Bénin, la défense des professionnels des médias ne saurait toutefois être dissociée de l’exigence de responsabilité, de rigueur et de respect des règles qui encadrent la profession. Dans ses précédentes prises de position, l’organisation a elle-même appelé les journalistes à davantage de professionnalisme, de responsabilité et de solidarité.
L’affaire Dônklam Abalo-Carole Olaye ouvre désormais un nouveau débat sur les relations entre employeurs et journalistes au sein des entreprises de presse. Reste à savoir si les différentes parties parviendront à privilégier les mécanismes de dialogue et les voies légales pour trouver une issue à cette crise.




