Élections générales de 2026 au Bénin : l’ODEM appelle les journalistes à un engagement éthique et responsable

LA DIRECTION DE PUBLICATION
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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj,...
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En conférence de presse, ce 24 décembre 2025, l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM) a lancé un appel solennel aux professionnels des médias, à la veille de l’ouverture des campagnes électorales, pour une pratique journalistique fondée sur la rigueur, l’éthique et la responsabilité.

Réunis ce mercredi 24 décembre 2025, à la veille de la fête de Noël et à l’orée de la nouvelle année, les journalistes béninois ont répondu à l’invitation de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM). Dans une atmosphère empreinte de fraternité et d’espérance, l’Observatoire a d’abord adressé ses vœux de fin d’année aux professionnels des médias et à leurs familles, avant d’entrer dans le vif du sujet.

Placée sous le thème « Élections générales 2026 : quel code de conduite pour le journaliste professionnel ? », cette conférence de presse intervient à un moment charnière de la vie démocratique nationale. Dès le 26 décembre prochain, les campagnes électorales s’ouvrent, dans un contexte inédit marqué par l’organisation, pour la première fois dans l’histoire démocratique du Bénin, de trois élections au cours de la même année.

Une responsabilité historique pour la presse

Face à cette situation exceptionnelle, l’ODEM estime que la responsabilité de la presse est immense. Selon l’Observatoire, le contexte politique actuel, jugé particulièrement préoccupant, marqué par des tensions et des tentatives de coups de force dans le processus démocratique, interpelle directement le professionnalisme, l’éthique et la déontologie des journalistes.

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L’ODEM a déploré un environnement caractérisé par une crise morale et intellectuelle profonde, où des valeurs fondamentales telles que la probité, la tolérance, la solidarité et la cohésion nationale sont de plus en plus relativisées. Une situation qui, selon l’Observatoire, favorise la peur, l’angoisse et l’hypocrisie, autant de freins à la collecte, au traitement et à la diffusion d’informations vraies et crédibles.

Désinformation et dérives professionnelles

Dans son diagnostic sans complaisance, l’ODEM a également pointé du doigt la montée inquiétante de la désinformation, amplifiée par les réseaux sociaux devenus, selon ses termes, « le théâtre ahurissant de nos débordements ». L’Observatoire s’est inquiété d’une presse parfois apathique, peu portée sur l’investigation et se limitant souvent à relayer des communiqués officiels et des comptes rendus de réunions.

Des pratiques contraires au Code de déontologie des médias (CDEM) ont été dénoncées, notamment la prolifération de « titres siamois » présentant les mêmes fautes aux mêmes endroits, en violation de l’article 6 du CDEM, ainsi que des titres injurieux et calomnieux, déjà sanctionnés par le passé. L’ODEM a rappelé, à ce sujet, l’article 2 du CDEM qui insiste sur la responsabilité sociale du journaliste et son obligation de publier uniquement des informations dont l’origine, la vérité et l’exactitude sont établies.

Un appel au sursaut éthique

Tout en reconnaissant la responsabilité des pouvoirs publics dans la création d’un environnement sécurisé pour l’exercice du journalisme, l’ODEM a insisté sur le devoir des journalistes eux-mêmes d’exceller par leur savoir-faire, leur savoir-être et leur savoir-vivre. « Le journaliste ne vit ni de chantage ni d’escroquerie », a martelé l’Observatoire, rappelant que le journaliste ne saurait être l’appendice d’un parti politique, d’un pouvoir ou d’un groupe d’intérêt économique.

Évoquant avec nostalgie de grandes figures de la presse béninoise telles que Jérôme Badou, Thomas Megnassan ou encore Jérôme Carlos, l’ODEM a appelé la nouvelle génération à assumer l’héritage de ces aînés et à rester digne d’un métier aussi noble que le journalisme, en plaçant l’humain au cœur de son engagement.

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Les élections de 2026, un test décisif

Pour l’ODEM, les élections générales de 2026 constituent un véritable test pour le journalisme de qualité au Bénin. La presse est appelée à jouer pleinement son rôle d’éveilleur de conscience, à dire non aux manipulations et à refuser d’être un relais de la haine, de la violence ou de la vengeance. Une responsabilité jugée encore plus grande pour les médias en ligne, en raison de la viralité de l’information.

À cet effet, l’Observatoire a rappelé l’article 21 du CDEM, qui oblige le journaliste à ne pas sacrifier la précision, l’exactitude et la véracité de l’information au profit de la vitesse, et à procéder à des rectificatifs instantanés et transparents en cas d’erreur.

Un appel solennel et des engagements réaffirmés

En conclusion, l’ODEM a lancé un appel solennel à tous les professionnels des médias pour un engagement professionnel et éthique inconditionnel dans la couverture des élections générales de 2026. L’Observatoire a également invité les pouvoirs publics à protéger et sécuriser les journalistes durant cette période sensible, afin de garantir le droit du public à une information honnête et vraie, conformément à l’article 1er du CDEM.

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Enfin, l’ODEM a réaffirmé son engagement aux côtés des journalistes pour la promotion d’une presse de grande qualité, libre et responsable, au service du développement du Bénin. Un appel à la mobilisation collective pour honorer, à travers le journalisme, la devise nationale : Fraternité – Justice – Travail.

Intégralité de la déclaration

24 Décembre 2025
Mesdames et Messieurs les journalistes
Chers consœurs et confrères
Bonjour
L’observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias est heureux de vous recevoir en cette veille de la Noël qui annonce le crépuscule de l’année 2025 et l’aurore d’une aube nouvelle faite d’espérances. A vous et à vos familles, je souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.
Elections générales 2026, quel code de conduite pour le journaliste professionnel, tel est le cœur de cette conférence de presse à laquelle l’Observatoire a le plaisir de vous convier.
Conformément à sa mission, l’Observatoire organise cette rencontre pour mettre en état de veille déontologique et éthique tous les professionnels des médias alors que les campagnes des élections générales de 2026 s’ouvrent dès le 26 décembre prochain.
C’est bien pour la première fois de notre histoire démocratique, que trois élections se tiennent au cours de la même année. Et la presse reste avoir une grande responsabilité devant l’histoire.
Cette responsabilité est encore plus grande aujourd’hui au regard du contexte particulièrement préoccupant dans lequel se tiennent nos élections.
Les tensions politiques, les diverses tentatives de coups de forces dans le processus démocratiques sont des éléments qui nous convoquent notre professionnalisme, notre éthique et déontologie.
Nous vivons malheureusement à une époque où la disette morale et le marasme intellectuel ambiant ont atteint des proportions alarmantes, où les valeurs jamais contestées de probité, de tolérance, de solidarité, de cohésion nationale sont relativisées avec une aisance déconcertantes.
La peur, l’angoisse et l’hypocrisie largement partagées deviennent des handicaps à la collecte, au traitement et à la diffusion d’informations vraies et crédibles. Tout le monde refuse une interview, personne ne veut se prononcer pour permettre aux journalistes de construire les histoires qui retracent la vie de notre Nation.
La désinformation prend de l’ampleur et les réseaux sociaux sont devenus le théâtre ahurissant de nos débordements. Aucune nation ne peut avancer si les médias végètent dans l’apathie, l’incompétence et la misère.
Si les pouvoirs publics ont une grande responsabilité dans la promotion d’un environnement sécurisé pour le libre exercice du métier du journalisme au Bénin, les professionnels des médias eux-mêmes ont l’obligation d’exceller par leurs savoir-faire, leur savoir-être et leur savoir vivre.
Le journaliste ne vit ni de chantage ni d’escroquerie. Ça n’est pas le métier. Le journaliste n’est pas l’appendice d’un parti politique, d’un pouvoir ou d’un groupe d’intérêt économique.
Nous avons observé de plus en plus des titres siamois dans la presse béninoise avec les mêmes fautes et aux mêmes endroits. L’article 6 du CDEM condamne ces pratiques. Nous avons observé des titres injurieux et calomnieux répétés pour des organes que nous avons déjà condamnés par le passé. La responsabilité sociale du journaliste évoquée par l’article 2 du CDEM rappelle que le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine, la vérité et l’exactitude sont établies. Nous avons observé une presse pauvre en investigation, qui lit et relaye uniquement des communiqués officiels et des comptes-rendus de réunion.
Où sont-ils passés, Jerôme Badou, Thomas Megnassan, Jerôme Carlos et j’en passe, ces aînés aux mémoires éternelles dont les voix et les plumes faisaient hier encore la fierté de notre presse nationale.
Nous devons assumer notre histoire, prendre notre courage à deux mains et affronter tous les obstacles de notre époque pour rester fiers et dignes succédanés d’un métier aussi noble que le journalisme. Il s’agit d’un devoir absolu, fondé a priori, qui devrait nous amener à mettre l’humain au cœur notre engagement.
La presse béninoise à ce rendez-vous de l’histoire devra assurer et assumer son rôle d’éveilleur de conscience ; elle devra dire NON aux manipulations et ne jamais servir de relais à la haine, à la violence et à la vengeance. Et particulièrement pour les presses en ligne, la responsabilité est encore plus grande au regard de la viralité de l’information en ligne. L’article 21 du CDEM rappelle que le journaliste s’oblige à ne pas sacrifier la précision, l’exactitude et la véracité de l’information au profit de la vitesse. Le rectificatif des publications erronées en ligne doit être instantané et transparent.
Les élections générales de 2026 sont un test pour le journalisme de qualité au Bénin et nous devons le réussir brillamment en restant les porte-voix de ces populations sans voix dont les chances de se faire entendre reposent sur nos consciences professionnelles. Serions-nous capables d’être le porte étendard des minorités, la plume des opprimés réduits au silence du cachot, l’espoir des millions de béninois, la concrétisation de notre devise nationale : Fraternité-Justice-travail ?
L’histoire nous attend et la 9è mandature de l’ODEM en a pris la mesure.
C’est pourquoi l’ODEM lance un appel solennel à tous les professionnels des médias pour un engagement professionnel et éthique inconditionnel dans la couverture des élections générales 2026 du Bénin dont les campagnes s’ouvrent dans quelques jours.
L’Observatoire invite les pouvoirs publics à protéger et à sécuriser les journalistes au cours de cette période sensible de notre démocratie pour servir et honorer l’article 1er de notre CDEM à savoir l’honnête et le droit du public à des informations vraies. La meilleure manière de construire en toute transparence le développement, c’est d’ouvrir large le champ de l’investigation journalistique dans tous les projets exécutés.
L’ODEM renouvelle son engagement à vos côtés pour une presse de grande qualité au service du développement de notre pays. Ensemble, mobilisons-nous pour des Médias libres et responsables, respectueux de la déontologie et de l’éthique professionnelle.

 

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Claude Dieudonné ADJIKPA est une figure emblématique de la presse écrite béninoise. Journaliste chevronné et promoteur du journal Palabre au Quotidien et du site d’information palabreauquotidien.bj, il s’impose comme une voix respectée dans le paysage médiatique national. Doté d’une passion inébranlable pour le journalisme, il fait ses premiers pas au journal Le Béninois, puis Le Béninois Libéré, où il se distingue rapidement par la rigueur de ses analyses et la pertinence de ses contributions aux débats sociopolitiques. Son parcours, marqué par le sérieux et la constance, lui vaut l’estime de ses pairs et du grand public. Visionnaire, Claude Dieudonné ADJIKPA fonde Palabre au Quotidien avec l’ambition claire de rapprocher l’actualité des citoyens. À travers ses publications variées, allant de la politique aux faits de société en passant par le sport, il contribue à éclairer l’opinion publique tout en défendant les valeurs fondamentales de la liberté de la presse. Reconnu pour son intégrité, son professionnalisme et son engagement indéfectible envers l'information juste et accessible, il s’affirme aujourd’hui comme l’un des piliers du journalisme béninois contemporain.