Nouvelle déconvenue judiciaire pour Donald Trump. Un juge fédéral américain a ordonné le retrait de toute référence officielle au président américain au sein du prestigieux John F. Kennedy Center for the Performing Arts, à Washington. La décision suspend également le projet controversé de fermeture de l’institution culturelle pour une durée de deux ans, voulu par la direction installée sous l’impulsion du chef de l’État.
Au cœur du litige figure la décision du conseil d’administration du Kennedy Center de rebaptiser l’établissement sous l’appellation de « Trump Kennedy Center », après la prise de contrôle de sa gouvernance par des proches du président républicain. Saisi de l’affaire, le juge fédéral Christopher Cooper a estimé que cette initiative contrevenait aux dispositions légales encadrant le fonctionnement de l’institution.
Dans son jugement rendu le 29 mai, le magistrat rappelle que la loi ayant créé le centre culturel est sans équivoque : l’établissement est dédié à la mémoire du président John F. Kennedy et ne peut porter un autre nom sans une autorisation expresse du Congrès américain. « Le Congrès a donné son nom au Kennedy Center, et seul le Congrès peut le modifier », a souligné le juge dans sa décision.
En conséquence, la justice a ordonné la suppression de toute mention de Donald Trump sur les supports officiels de l’institution, notamment sur son site internet et dans ses communications institutionnelles. Plusieurs modifications ont déjà été effectuées afin de se conformer à cette injonction judiciaire.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation des institutions culturelles fédérales engagée par Donald Trump. Le président avait justifié ses interventions par sa volonté de lutter contre ce qu’il qualifie d’influences « woke » au sein du secteur culturel américain. Cette orientation avait conduit au remplacement de plusieurs responsables du Kennedy Center par des personnalités proches de son administration, suscitant de vives critiques au sein de la classe politique et du monde artistique.
La famille Kennedy ainsi que des élus démocrates ont dénoncé une instrumentalisation politique d’un lieu considéré comme un symbole national dédié aux arts et à la mémoire du 35e président des États-Unis. Plusieurs artistes et personnalités culturelles avaient également exprimé leur désapprobation face aux changements opérés au sein de l’institution.
Par ailleurs, le juge Christopher Cooper a suspendu le projet de fermeture du Kennedy Center pour une période de deux ans destinée à des travaux de rénovation. Selon lui, le conseil d’administration n’a pas suffisamment évalué les conséquences d’une telle décision sur les activités artistiques et la mission mémorielle du centre.
Si les travaux jugés nécessaires pourront se poursuivre, toute décision de fermeture devra désormais s’appuyer sur une analyse plus approfondie des impacts potentiels. Cette décision judiciaire constitue ainsi un revers important pour Donald Trump et réaffirme les limites juridiques encadrant la gouvernance des grandes institutions culturelles fédérales américaines.



