En France, une nouvelle controverse agite la sphère politique après les prises de position du député du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, sur l’encadrement du travail du sexe.
L’élu de la Somme travaille depuis plusieurs mois sur une proposition de loi visant à réorganiser en profondeur ce secteur. Dans la continuité de ses réflexions déjà connues sur la réouverture de structures encadrées, il souhaite instaurer un cadre légal plus strict pour l’exercice de la prostitution.
Parmi les mesures évoquées figurent notamment la création d’un registre administratif obligatoire pour les personnes prostituées, l’obtention d’une licence d’exercice ainsi qu’un agrément sanitaire préalable. L’objectif affiché par le député est de mieux encadrer l’activité et d’assurer, selon lui, une plus grande protection des professionnelles concernées.
Pour Jean-Philippe Tanguy, la législation actuelle — notamment la pénalisation des clients adoptée en 2016 — aurait contribué à précariser davantage les travailleurs et travailleuses du sexe, en les poussant vers la clandestinité et des conditions plus dangereuses.
Cependant, cette initiative est loin de faire l’unanimité. Dans un communiqué rendu public, des professionnelles du sexe ont clairement rejeté ces propositions, estimant ne pas avoir besoin d’un tel dispositif administratif pour exercer leur activité. Elles dénoncent une approche jugée déconnectée de leurs réalités et de leurs besoins.
Ce débat relance une question sensible en France : faut-il renforcer la réglementation du travail du sexe ou maintenir la position abolitionniste actuelle, qui considère les personnes prostituées comme des victimes à protéger ?
Entre volonté d’encadrement, revendications d’autonomie des professionnelles et opposition des associations, le sujet reste profondément clivant et promet de nourrir encore les discussions politiques dans les mois à venir.






