À l’occasion du débat général sur le projet de loi portant Code de la route en République du Bénin à l’assemblée nationale ce lundi 26 octobre 2026, le député Gérard Gbénonchi a appelé à une réforme axée sur l’application effective des règles, la prévention des accidents et la protection des victimes. Face au lourd bilan des accidents de la circulation, il préconise notamment l’installation progressive de radars automatiques, la sécurisation des infrastructures routières et la mise en place d’un mécanisme de suivi des résultats.
La sécurité routière au Bénin ne saurait se limiter à l’adoption de nouvelles dispositions légales. C’est le message essentiel porté par le député Gérard Gbénonchi lors du débat général sur le projet de loi portant Code de la route en République du Bénin. Pour l’élu, cette réforme doit marquer un tournant décisif dans la lutte contre les accidents de la circulation et renforcer la responsabilité de l’État dans la protection des vies humaines.
D’entrée de jeu, le parlementaire a souligné la portée de ce texte, qui dépasse, selon lui, le simple encadrement de la circulation routière. Il y voit un instrument essentiel de sécurisation de la mobilité et de protection des citoyens. Il a notamment salué la volonté de remplacer un cadre réglementaire datant de 1956 par une législation mieux adaptée aux réalités contemporaines.
L’urgence de cette réforme se mesure également à l’ampleur des pertes humaines enregistrées sur les routes béninoises. Se référant aux données présentées dans le rapport, Gérard Gbénonchi a évoqué environ 1 000 décès et 4 500 blessés chaque année. Derrière ces statistiques se trouvent des familles endeuillées, des enfants privés de leurs parents, des personnes handicapées à la suite d’accidents et d’importantes pertes économiques.
Des sanctions certaines et sans discrimination
Pour le député, l’adoption du nouveau Code de la route ne produira les résultats attendus que si les dispositions prévues sont effectivement appliquées. Il a ainsi formulé quatre exigences opérationnelles destinées à renforcer l’efficacité de la politique nationale de sécurité routière.
La première concerne la répression des infractions. Gérard Gbénonchi recommande une application certaine, graduée et impartiale des sanctions. À cet effet, il propose l’installation progressive de radars automatiques et le développement d’un système fiable de constatation électronique des infractions.
Il préconise également d’étudier les conditions juridiques et techniques nécessaires à l’instauration d’un permis à points. Pour lui, les contrôles doivent être traçables et les sanctions appliquées à tous, sans privilège ni discrimination. L’objectif est de renforcer la discipline sur les routes et de mettre fin à toute forme de traitement inégal devant la réglementation.
Sécuriser les routes dès la réception des ouvrages
La deuxième exigence porte sur la qualité et la sécurité des infrastructures routières. Le parlementaire estime que la prévention des accidents doit être intégrée dès la conception et la réalisation des projets routiers.
Il demande ainsi que les marchés publics de travaux routiers prennent explicitement en compte la signalisation, le marquage au sol et les autres dispositifs indispensables à la sécurité des usagers. Leur présence et leur conformité devraient faire l’objet de vérifications effectives avant la réception des ouvrages.
Gérard Gbénonchi plaide par ailleurs pour un programme prioritaire de sécurisation des zones accidentogènes, des abords des écoles, des marchés et des traversées urbaines. Cette approche vise à réduire les risques liés aussi bien aux comportements des usagers qu’aux insuffisances éventuelles de l’aménagement routier.
Miser sur l’éducation et la prévention
Au-delà des sanctions et des infrastructures, le député insiste sur la nécessité d’une prévention permanente. Il propose notamment la mise en place d’un programme national d’éducation routière dès l’école primaire, afin d’inculquer très tôt aux enfants les règles essentielles de sécurité.
Cette démarche devrait être complétée par des campagnes de sensibilisation ciblées sur le port du casque, l’assurance obligatoire, le respect des limitations de vitesse et les dangers de l’alcool au volant.
Pour assurer la cohérence de ces actions, Gérard Gbénonchi recommande un cadre formalisé de coordination entre les communes, la Police républicaine et le Centre national de sécurité routière. Cette collaboration devrait reposer sur des objectifs précis et des indicateurs permettant d’évaluer les progrès réalisés.
Mieux protéger les victimes d’accidents
La quatrième proposition du parlementaire concerne la prise en charge des victimes. Il estime que la responsabilité des conducteurs doit s’accompagner d’une obligation de diligence envers les personnes touchées par les accidents.
Dans cette perspective, il préconise un renforcement du contrôle de l’assurance obligatoire, notamment pour les motocyclettes, ainsi qu’un suivi des délais d’indemnisation des victimes. Il appelle également à une meilleure coordination entre les services de police, les équipes de secours et les structures sanitaires.
L’enjeu est double : garantir une intervention plus efficace après les accidents et veiller à ce que les victimes puissent bénéficier de la protection et des indemnisations auxquelles elles ont droit.
Un plan de mise en œuvre soumis au contrôle parlementaire
Pour Gérard Gbénonchi, l’efficacité du nouveau Code dépendra enfin des moyens mobilisés pour son application. Il invite le Gouvernement à élaborer un plan de mise en œuvre assorti d’un calendrier précis, d’un financement identifié et d’indicateurs de résultats.
Le député souhaite également la mise en place d’un mécanisme annuel de compte rendu à l’Assemblée nationale. Une telle démarche permettrait aux représentants du peuple de suivre les progrès accomplis et d’apprécier l’évolution du nombre de décès, de blessés et des comportements à risque sur les routes.
À travers cette proposition, l’élu entend faire de la sécurité routière une priorité durable de l’action publique, dont les résultats pourraient être évalués au fil du temps.
Une responsabilité partagée pour sauver des vies
En conclusion de son intervention, Gérard Gbénonchi a défendu une approche fondée sur la responsabilité de tous les acteurs. L’État doit garantir des routes plus sûres, les citoyens doivent respecter les règles de circulation, les services compétents doivent veiller à leur application et les compagnies d’assurance doivent honorer leurs obligations envers les victimes.
Pour le parlementaire, l’enjeu dépasse donc le vote d’une nouvelle loi. Il s’agit de faire de la sécurité routière une obligation partagée, un objectif mesurable de l’action publique et une exigence d’égalité devant la loi.
Le message porté devant la représentation nationale est sans équivoque : l’adoption du Code de la route ne constituera une avancée réelle que si elle se traduit par une application rigoureuse des règles, une prévention efficace et une diminution durable des accidents. C’est à cette condition que la réforme pourra contribuer concrètement à préserver la vie des Béninois.Si vous le souhaitez, je peux également vous proposer un titre plus accrocheur et une version plus incisive, centrée sur les quatre grandes propositions du député pour réduire les accidents de la route au Bénin.
INTÉGRALITÉ DE SON INTERVENTION AU DÉBAT GÉNÉRAL
Projet de loi portant Code de la route en République du Bénin
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues députés,
Le texte qui nous est soumis aujourd’hui n’est pas une simple réforme de la circulation. Il engage la responsabilité de l’État dans la protection de la vie humaine et dans la sécurisation de notre mobilité.
Selon les données présentées dans le rapport, notre pays enregistre chaque année environ 1 000 décès et 4 500 blessés sur les routes. Derrière ces chiffres, il y a des familles endeuillées, des enfants orphelins, des travailleurs handicapés et des ressources économiques perdues.
Je salue donc cette réforme qui nous permet de sortir d’un cadre réglementaire datant de 1956 et de doter notre pays d’un Code adapté aux réalités contemporaines.
Mais, chers collègues, une loi ne sauve des vies que lorsqu’elle est effectivement appliquée.
C’est pourquoi je voudrais formuler quatre exigences opérationnelles.
Premièrement, rendre la sanction certaine, graduée et impartiale. Je recommande la mise en place progressive de radars automatiques, d’un système fiable de constatation électronique des infractions et, après étude des modalités juridiques et techniques, d’un permis à points. Les contrôles doivent être traçables et les sanctions appliquées sans privilège ni discrimination.
Deuxièmement, conditionner la réception des infrastructures routières à la sécurité des usagers. Je demande que les marchés publics de travaux routiers intègrent explicitement la signalisation, le marquage au sol et les dispositifs de sécurité requis, avec vérification effective avant réception des ouvrages. Les zones accidentogènes, les abords des écoles, les marchés et les traversées urbaines doivent faire l’objet d’un programme prioritaire de sécurisation.
Troisièmement, organiser une prévention permanente. Je propose un programme national d’éducation routière dès le primaire, renforcé par des campagnes ciblées sur le port du casque, l’assurance obligatoire, la vitesse et les dangers de l’alcool au volant. Les communes, la Police républicaine et le Centre national de sécurité routière doivent disposer d’un cadre formalisé de coordination et d’objectifs mesurables.
Quatrièmement, protéger effectivement les victimes. Il importe de renforcer le contrôle de l’assurance obligatoire, notamment pour les motocyclettes, de suivre les délais d’indemnisation et d’améliorer la coordination entre police, secours et structures sanitaires. La responsabilité des conducteurs doit s’accompagner d’une exigence de diligence envers les victimes.
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Je demande donc au Gouvernement de prévoir un plan de mise en œuvre assorti d’un calendrier, d’un financement identifié, d’indicateurs de résultats et d’un mécanisme annuel de compte rendu à la représentation nationale. Car nous devons pouvoir mesurer, dans le temps, l’évolution des décès, des blessures et des comportements à risque.
Au-delà de l’adoption de ce Code, notre ambition doit être claire : faire de la sécurité routière une obligation partagée, un résultat mesurable de l’action publique et une exigence d’égalité devant la loi.
L’État doit garantir des routes plus sûres ; le citoyen doit respecter les règles ; les services compétents doivent faire appliquer la loi ; et les assureurs doivent honorer leurs obligations envers les victimes.
C’est à cette condition que notre vote dépassera la portée d’un acte législatif pour devenir un engagement concret en faveur de la vie de nos concitoyens.
Je vous remercie.



