Un conducteur de tracteur âgé de 29 ans risque une peine d’un an de prison ferme et une amende d’un million de francs CFA pour son implication présumée dans une affaire d’exploitation illégale de kaolin. Il a comparu lundi 17 août 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), où il a plaidé non coupable.
Le prévenu a comparu visiblement contrit. À la barre, il a surtout cherché à convaincre la juridiction qu’il n’était pas le principal responsable du transport de la cargaison de kaolin à l’origine de son interpellation.
L’affaire remonte à une opération menée à Ouinhi, après l’interception d’un camion transportant une importante cargaison de kaolin. Le conducteur du camion aurait réussi à prendre la fuite. Les investigations ont ensuite conduit à l’arrestation du jeune homme de 29 ans.
Des échanges qui intriguent la Cour
À l’audience, le dossier a pris une dimension plus large que le simple transport de la substance minière. Les enquêteurs auraient notamment exploité des messages échangés entre le prévenu et certains de ses partenaires.
Ces échanges ont éveillé les soupçons du juge sur l’existence d’un éventuel système destiné à faciliter la circulation des cargaisons de kaolin. La Cour soupçonne notamment des manœuvres pouvant impliquer la corruption d’agents de police et des douanes.
Le prévenu, lui, conteste toute implication dans un tel dispositif. Il maintient qu’il n’a pas participé à une exploitation illégale et tente de minimiser son rôle dans la chaîne de transport.
Le kaolin fait partie des substances minières dont l’exploitation et la commercialisation sont encadrées au Bénin. La CRIET traite d’ailleurs depuis plusieurs années des dossiers liés à l’exploitation ou au transport illégal de cette ressource.
La défense plaide la relaxe
Pour le ministère public, les éléments du dossier justifient une sanction. Le parquet spécial a requis un an de prison ferme assorti d’une amende d’un million de francs CFA contre le prévenu.
La défense a, pour sa part, plaidé la relaxe. L’avocat soutient que son client n’aurait joué qu’un rôle d’intermédiaire et que le chargement du kaolin avait déjà été effectué avant son intervention.
Selon la défense, il serait donc difficile d’imputer au jeune homme la responsabilité de l’exploitation de la substance minière, alors qu’il n’aurait pas participé à son extraction.
« Vous auriez dû y penser avant »
À la barre, le prévenu a finalement joué la carte de la clémence. Face au juge, il a invoqué sa situation familiale et notamment la nécessité de prendre soin de ses six enfants.
« Vous auriez dû y penser avant », lui a répondu le juge, rappelant ainsi au prévenu que les conséquences de ses actes présumés auraient dû être prises en compte avant son implication dans l’affaire.
Le jeune homme a néanmoins promis de ne plus recommencer et a renouvelé sa demande d’indulgence.
La Cour ne s’est pas prononcée immédiatement. Le délibéré est attendu pour le 31 août 2026. D’ici là, le prévenu demeure présumé innocent.



