À l’occasion du Grand Oral des candidats au poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall a présenté une vision ambitieuse de l’avenir de l’organisation. Au cœur de son projet : une profonde modernisation de l’institution, une transformation numérique accélérée et une réforme des méthodes de travail pour restaurer la confiance des États membres et renforcer l’efficacité du système multilatéral.

Interrogé sur l’héritage qu’il souhaiterait laisser au terme de son éventuel mandat à la tête de l’ONU, Macky Sall a affiché une ambition claire : faire émerger une organisation davantage adaptée aux défis du XXIᵉ siècle.
« À la fin de mon mandat, si les États m’en confient la charge, je voudrais laisser une ONU qui croit en elle-même, qui est efficace, une ONU qui aura réussi sa transformation numérique et tiré le meilleur parti des bénéfices de l’intelligence artificielle », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien chef de l’État sénégalais, cette transformation ne pourra toutefois se faire sans une implication forte des États membres. Il estime que la réforme de l’ONU ne peut reposer uniquement sur l’action du Secrétaire général, mais doit être portée collectivement par l’ensemble des nations.
« Une Organisation des Nations Unies réformée au niveau du Secrétariat et des États membres, parce qu’en réalité, sans les États membres, quelle que soit la volonté du Secrétaire général, les réformes seront timides », a-t-il insisté.
Une réforme des méthodes de travail pour plus d’efficacité
Poursuivant son intervention, Macky Sall a mis l’accent sur la nécessité de revoir en profondeur le fonctionnement interne de l’institution. Selon lui, l’ONU doit se débarrasser des lourdeurs administratives qui limitent son efficacité opérationnelle.
L’ancien président sénégalais a notamment évoqué le nombre important de mandats et de réunions qui rythment le fonctionnement de l’organisation.
« Lorsqu’il s’agit des États membres, nous devons nous interroger sur nos méthodes de travail. Aujourd’hui, nous avons environ 40 000 mandats qui ont été activés à différents endroits de l’organisation, plus de 27 000 réunions annuelles. L’impact doit donc être prouvé », a-t-il expliqué.
Pour lui, une rationalisation des procédures permettrait à l’ONU d’améliorer sa performance, de renforcer la coordination entre ses différentes structures et d’obtenir de meilleurs résultats sur le terrain.
« Cette réforme des méthodes de travail nous permettra d’atteindre l’efficacité, l’efficience, et aussi d’accroître l’harmonie entre les différentes parties de l’organisation », a-t-il soutenu.
L’image de l’orchestre pour symboliser son leadership
Pour illustrer sa conception du rôle de Secrétaire général, Macky Sall a choisi une comparaison musicale. Selon lui, l’ONU ressemble à un grand instrument composé de plusieurs éléments qui doivent fonctionner en parfaite harmonie.
« Je voudrais faire une analogie avec un orgue, un instrument de musique très important et volumineux qui utilise des tuyaux. Chaque tuyau produit un type de son différent », a-t-il expliqué.
À travers cette métaphore, l’ancien dirigeant sénégalais a voulu mettre en avant la nécessité d’un leadership capable de coordonner les différentes composantes de l’organisation.
« Vous pouvez avoir une note très cristalline, mais vous avez besoin d’un organiste, de quelqu’un qui sait jouer de l’instrument en harmonie. Nos organisations et leurs différentes composantes ont besoin d’un organiste pour parvenir à l’harmonie », a-t-il poursuivi.
Avant de conclure avec une formule résumant son ambition : « Et si l’ONU était un instrument, je crois que je suis capable de jouer une musique magnifique au nom des États membres. »
À travers cette intervention, Macky Sall entend ainsi se positionner comme un candidat porteur d’une vision de rupture, fondée sur la modernisation technologique, la réforme institutionnelle et un nouveau mode de gouvernance capable de redonner à l’ONU une plus grande efficacité sur la scène internationale.



