La nomination de Paul Hounkpè au Sénat continue de susciter des réactions sur la scène politique béninoise. Dans une publication rendue publique ce vendredi 3 juillet 2026, l’acteur politique Fred Adriano Houénou voit dans cette désignation un acte qui dépasse les clivages partisans et traduit une vision républicaine des institutions.
Intitulé « Lorsque la République invite à dépasser les partis », son message présente la décision du président Romuald Wadagni comme un choix qui « ne se lit pas uniquement à travers le prisme de la politique ». Pour lui, certaines décisions relèvent avant tout de l’intérêt supérieur de la République et témoignent de la capacité des institutions à transcender les rivalités partisanes.
Selon Fred Adriano Houénou, le fait que le chef de l’État ait désigné au Sénat Paul Hounkpè, son ancien adversaire à l’élection présidentielle de 2026, constitue une illustration de cette logique républicaine. Il estime que le Sénat n’a pas vocation à prolonger les affrontements électoraux, mais à rassembler des personnalités capables de mettre leur expérience au service de la Nation.
Dans son analyse, il attribue au président Romuald Wadagni le mérite d’avoir posé un acte qui, selon lui, démontre que gouverner consiste également à reconnaître les compétences et les parcours susceptibles d’enrichir les institutions de la République. Il salue également le parcours politique de Paul Hounkpè, estimant que cette nomination l’appelle désormais à exercer ses responsabilités avec discernement, sagesse et sens de l’État.
Au-delà des deux personnalités, Fred Adriano Houénou invite à une réflexion plus large sur la vocation de la fonction sénatoriale. « À quel moment cesse-t-on d’être le représentant d’un parti pour devenir le serviteur de la République ? », s’interroge-t-il, avant d’affirmer qu’au Sénat, « le militant s’efface devant le sénateur, le partisan devant le républicain, l’ambition personnelle devant l’intérêt supérieur de la Nation ».
Pour l’auteur du message, cette approche participe au renforcement des institutions démocratiques et à l’enracinement d’une culture politique où les adversaires d’hier peuvent être appelés à contribuer ensemble à l’œuvre commune.
Fred Adriano Houénou conclut en adressant ses félicitations au président Romuald Wadagni pour ce qu’il qualifie de « geste qui honore l’esprit de la République », ainsi qu’à Paul Hounkpè pour la confiance placée en lui. Il estime enfin que « les hommes passent, les partis évoluent, les alternances se succèdent. Mais la République, elle, demeure », résumant ainsi sa vision du rôle que doit jouer la nouvelle institution sénatoriale dans la consolidation de la démocratie béninoise.
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Lorsque la République invite à dépasser les partis
Il est des décisions qui ne se lisent pas uniquement à travers le prisme de la politique. Elles appartiennent à cette catégorie plus rare où la République rappelle qu’elle est plus vaste que les ambitions, plus durable que les majorités et plus exigeante que les rivalités.
La désignation de Paul Hounkpè au Sénat par le président Romuald Wadagni s’inscrit dans cette logique.
Hier, les deux hommes sollicitaient la confiance du peuple avec des projets différents. Aujourd’hui, l’un appelle l’autre à siéger dans une institution dont la vocation est précisément de s’élever au-dessus des appartenances partisanes. Voilà une image qui mérite d’être méditée.
Car le Sénat n’est pas la troisième mi-temps d’une élection présidentielle. Il est le lieu où la passion politique est invitée à céder le pas à la raison républicaine, où la fidélité à un parti s’efface devant la fidélité à la Nation, où l’expérience devient un bien commun mis au service de l’État.
Il convient donc de rendre à chacun ce qui lui appartient.
Au président Romuald Wadagni, le mérite d’avoir posé un acte qui rappelle que gouverner ne consiste pas seulement à exercer une majorité, mais aussi à reconnaître les compétences, les parcours et les consciences qui peuvent enrichir les institutions de la République.
À Paul Hounkpè, le mérite d’avoir construit un parcours politique suffisamment consistant pour être appelé à une fonction qui exige moins l’affirmation d’un camp que l’exercice du discernement, de la mesure et de la sagesse.
Au fond, cette nomination nous adresse une question qui dépasse les deux hommes : à quel moment cesse-t-on d’être le représentant d’un parti pour devenir le serviteur de la République ?
La réponse est peut-être là. Dès lors que l’on entre au Sénat, le militant s’efface devant le sénateur, le partisan devant le républicain, l’ambition personnelle devant l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est ainsi que grandissent les institutions. C’est ainsi que mûrissent les démocraties. Et c’est ainsi que se construit, patiemment, une culture politique où l’adversaire d’hier n’est jamais un ennemi, mais un compatriote appelé, lorsque les circonstances l’exigent, à contribuer lui aussi à l’œuvre commune.
Nos félicitations au président Romuald Wadagni pour avoir posé un geste qui honore l’esprit de la République.
Nos félicitations à Paul Hounkpè pour cette marque de confiance qui l’appelle désormais à servir le Bénin avec l’indépendance, la hauteur de vue et le sens de l’État qu’impose la fonction sénatoriale.
Car les hommes passent, les partis évoluent, les alternances se succèdent. Mais la République, elle, demeure. Et lorsqu’elle parvient à élever les femmes et les hommes au-dessus des appartenances partisanes, c’est toute la Nation qui grandit.
Fred Adriano HOUENOU.



